Camelot/Zero

Écrit par Nasu Kinoko ; traduction française par Furanken ; relecture par Evance ; basée sur la traduction de Mcjon01 (EN)

Camelot/Zero est un texte publié sur le blog de Nasu peu de temps après la sortie de la Singularité Divine Realm of the Round Table: Camelot sur le jeu Fate/Grand Order. Servant de prologue au chapitre, Camelot/Zero raconte les événements se déroulant dans la Sixième Singularité avant l’arrivée de Chaldea.


Au milieu de la Neuvième Croisade, une personne qui aurait dû mourir reçoit un Saint Graal. Utilisant le pouvoir du calice, le corps expéditionnaire s’approche de la Terre sainte. En dévotion au Roi des Mages, ils incendient la terre et massacrent la population. Cependant, leur avarice les mène à invoquer le Pharaon. Naturellement, ce dernier confisque leur Graal, crée le territoire égyptien, et entreprend d’y construire son propre royaume.

 Le corps expéditionnaire se retrouve dans une situation défavorable. L’élu du Saint Graal est acculé par les habitants de la Terre sainte. Cependant, un mystérieux Servant fait son apparition et invoque les « Faux Croisés ». Bien que ce dernier se présente sous le nom de Richard Ier, son apparence et son comportement sont trop éloignés de l’homme qu’il prétend être. Les Faux Croisés capturent le corps expéditionnaire et occupent la Terre sainte.

Le Roi Lion apparaît dans la Singularité et invoque les Chevaliers de la Table ronde.

Les Chevaliers de la Table ronde affrontent les Faux Croisés. Le corps expéditionnaire est annihilé. La Terre sainte chute. La Ville sainte apparaît. Le nom et la nature de la Singularité changent.

Xuanzang apparaît subitement.

Chaldea commence le Sixième Grand Ordre.


Lorsque le Roi Lion apparut dans la Sixième Singularité, elle appela les Esprits héroïques de la Table ronde avec son propre pouvoir1Il est précisé qu’il s’agit d’une méthode d’invocation différente de celle de Chaldea..

À l’exception de deux d’entre eux, tous les Chevaliers de la Table ronde répondirent à l’appel du Roi Lion, qui leur annonça que le monde allait s’effondrer, et que dans six mois à compter de ce jour, tout serait réduit à néant par le Roi des Mages.

Elle leur dit aussi qu’un espoir de contrer l’Incinération de l’Humanité subsistait grâce au « salut offert par la Lance sacrée ».

Sous la lueur solennelle du matin, le Roi Lion déclara ensuite à ses chevaliers :

 

« Je vous ai invoqués, mes chevaliers, car j’ai besoin de votre force pour réaliser cet idéal. »

« Moi seule peux triompher de cet ennemi, mais je ne peux effectuer la Sainte Sélection. J’ai besoin de chevaliers qui seront mes mains et mes pieds. »

« Cependant… Je comprends aussi que cette tâche soit incompatible avec vos convictions. »

« M’obéirez-vous, ou m’abandonnerez-vous ? … Ou peut-être joindrez-vous vos forces afin de m’abattre sur le champ ? »

« J’écouterai vos réponses au coucher du soleil. Je ne pourrai attendre plus longtemps. »


Ainsi, les Chevaliers de la Table ronde méditèrent chacun sur leur choix. 

Il y avait ceux qui suivraient le Roi Lion, et ceux qui s’opposeraient à elle.

Quelle qu’en soit l’issue, les chevaliers auraient à combattre leurs anciens compagnons.

Personne ne se déroberait à ce dilemme. Si les chevaliers décidaient de répudier le Roi Lion, alors ils n’auraient d’autre choix que de l’exécuter.

Et cela impliquait donc qu’ils aient à affronter les camarades ayant décidé de lui rester fidèles.

 

Sire Kay était étrangement silencieux et disparut sans le moindre sarcasme jusqu’au coucher.

Sire Perceval échangea poliment quelques mots avec chaque chevalier, puis pleura seul.

Sire Gauvain comprit ce que le nom « Roi Lion » signifiait pour le roi Arthur.

Sire Tristan était si déchiré par la situation qu’il en perdit la vue.

Sire Lancelot, bien que consterné par cette idée, fut forcé d’admettre que le choix du Roi Lion était « le meilleur du pire ».

Gaheris se résolut à se séparer de ses frères aînés et de sa sœur cadette.

Gareth ne douta aucunement que Sire Lancelot, qu’elle vénérait, choisirait sans hésiter de suivre le roi Arthur.


Au terme de la plus longue demi-journée de leur vie, les Chevaliers de la Table ronde firent face au Roi Lion.

Se présentèrent ceux qui l’arrêteraient, et ceux qui lui obéiraient.

La confrontation était inévitable.

Peu importe leur décision, les chevaliers savaient qu’ils devraient frapper ceux qui leur étaient le plus cher en premier.

Afin de protéger le Roi Lion, ils devraient tuer les leurs. Afin de vaincre le Roi Lion, ils devraient éliminer les camarades se trouvant sur leur chemin.

Pour cette raison, aucune haine n’était nourrie entre les deux camps.

Il y avait simplement un sentiment tragique de résolution.

 

C’est ainsi que les Chevaliers du Roi Lion naquirent.

Ils abattirent ceux qu’ils aimaient en premier, puis se transformèrent en bêtes.

Même s’ils désiraient survivre, il était désormais impossible pour eux d’être sélectionnés par la Lance sacrée.

Ils ne seraient pas récompensés, peu importe la nature de leurs actes. Les Chevaliers du Roi Lion étaient des pécheurs, condamnés à brûler avec l’ère.

 

Par la suite, le Roi Lion accorda des « Dons » aux chevaliers souillés du sang de leurs camarades.

Tristan reçut le Don d’« Inversion », car il admit que le chagrin l’empêchait de pleinement mouvoir ses doigts.

Gawain reçut le Don de « Zénith », car il voulait exploiter l’entièreté de ses capacités.

Mordred reçut le Don de « Carnage ». Elle ne l’avait pas demandé, mais le Roi Lion lui octroya.

Gareth reçut le Don d’« Impureté », car elle ne voulait être souillée davantage.

Lancelot reçut le Don de « Férocité », car il jura d’appréhender la situation en tant qu’être humain, sans se martyriser au nom de la justice.

Et Agravain ne reçut aucun Don, car il déclara devant tous qu’il n’avait pas besoin de la bénédiction du Roi Lion.


Le Roi Lion et ses chevaliers avancèrent alors vers la Terre sainte qui était sous le contrôle des Faux Croisés.

Ces derniers n’avaient évidemment aucune chance, mais le Servant qui se présentait sous le nom de Richard Ier possédait une force démoniaque.

« Même les Chevaliers de la Table Ronde ne pourront vaincre ce monstre sans pertes. Deux… non, trois sacrifices seront inévitables dans nos rangs. »

Alors que Gawain arrivait à cette conclusion, un chevalier chargea seul et restreint Richard Ier, quand bien même ce dernier lui transperça le torse en retour.

 

C’était Gareth.

 

Son cœur avait depuis longtemps été brisé par les combats incessants.

Elle avait tué les compagnons qu’elle aimait.

Elle avait tué les croisés, même s’ils étaient des imposteurs.

Elle avait tué les habitants de la Terre sainte, jour après jour.

Des cernes étaient apparues sous ses yeux meurtris. Ses doigts blancs, autrefois réputés pour leur beauté, étaient à présent grièvement calcinés par les innombrables purifications qu’elle faisait après chaque combat.

 

« Je suis désolée. Je suis désolée. Même si j’ai choisi cette voie… »

« Je ne peux plus continuer. Je ne peux plus me battre. Je vous en supplie. Je vous en supplie… »

« Je vous en conjure, punissez-moi pour ma naïveté. »

 

C’était l’occasion parfaite pour tuer le champion adverse.

Lancelot était pétrifié. Bien qu’il eût compris les sentiments de Gareth, il ne pouvait se résoudre à la tuer une seconde fois.

Mordred enrageait. Elle avait essayé d’arrêter Gareth, objectant qu’aucun sacrifice ne serait nécessaire pour terrasser cet adversaire.

Agravain plaça silencieusement sa main sur l’épée pendant à sa hanche. Il savait quelle était sa tâche.

Cependant, celui qui brandit son épée et acheva l’ennemi fut Gawain.

Avec les derniers vestiges de son cœur, il fit ses adieux à sa petite sœur.

 

Ainsi, la Terre sainte passa entre les mains du Roi Lion, et la Ville sainte, immaculée, se manifesta.


Commentaires du traducteur

Cette traduction de Camelot/Zero prend quelques libertés afin de rendre la lecture -de ce qui est initialement un post sur le blog de Nasu- plus agréable. La principale difficulté rencontrée lors de la traduction concerne Tristan lorsqu’il est écrit qu’il devient aveugle, ce qui peut être interprété comme « perdre le sens de la vue » et « être privé de toute capacité de jugement ». Cette ambiguïté est conservée dans la traduction en attendant de voir si les films Wandering; Agateram et Paladin; Agateram apportent des précisions sur ce point. J‘espère cependant que ce texte vous plaira et vous permettra d’en savoir plus sur la mystérieuse Singularité de Camelot.

Furanken

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